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La Bourse de New York évoluait en légère baisse lundi à la mi-journée, tiraillée entre une saison de résultats d'entreprises satisfaisante aux Etats-Unis et les incertitudes en Europe: le Dow Jones perdait 0,19% et le Nasdaq 0,21%.

Vers 17H00 GMT, le Dow Jones Industrial Average perdait 24,45 points à 12.696,03 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, cédait 5,94 points à 2.780,76 points.

L'indice élargi Standard and Poor's 500 reculait de 0,13% (-1,76 point) à 1.313,62 points.

"Les derniers mois, qui ont été difficiles en Europe, ont eu un impact très limité sur l'économie américaine et sur les résultats des entreprises", a estimé Gregori Volokhine, responsable du département actions à Meeschaert New York.

"La tendance continue à être positive", a-t-il analysé. "La saison des résultats a été moins mauvaise que prévu (...) et cela a pris beaucoup d'investisseurs à contre-pied".

Un optimisme que relativise Karee Venema, de Schaeffer's Investment Research pour qui "la Grèce est encore une fois au centre des préoccupations".

"Sans publication de grande ampleur sur l'activité américaine aujourd'hui, les investisseurs suivront avec beaucoup d'attention le résultats des discussions entre les ministres des Finances de la zone euro pour résoudre la question de la dette" européenne, a relevé Mme Venema.

En Grèce, les négociations sur la restructuration de la dette sont sur le fil du rasoir. Les créanciers privés du pays disent avoir été au bout de leurs possibilités et renvoient la responsabilité d'un éventuel défaut de paiement du pays sur le FMI et l'UE, si aucun accord n'intervenait.

Un accord "semble se dessiner", a toutefois déclaré lundi le ministre français des Finances, François Baroin.

La Bourse de Paris a terminé en légère hausse lundi (+0,51%) grâce au secteur bancaire et au succès d'émissions de dette française et allemande, dans un marché prudent alors que les discussions entre la Grèce et ses créanciers privés n'ont toujours pas abouti.

Le CAC 40 s'est adjugé 16,92 points à 3.338,42 points dans un volume d'échanges modeste de 2,886 milliards d'euros.

Sur les autres places européennes, Londres a pris 0,94%, Francfort 0,50% et l'Eurostoxx 50 0,55%.

"Le regain d'appétit pour le risque se poursuit. Les investisseurs sont de nouveau attirés vers les secteurs bancaire et cyclique" très liés à la conjoncture, a remarqué Jérôme Vinerier, analyste chez IG Markets.

L?accalmie sur le marché de la dette publique se confirme.

Dix jours après la dégradation de la note française par l'agence d'évaluation Standard and Poor's (SP), Paris a emprunté 8,202 milliards d'euros de bons du Trésor à des taux d'intérêt bas et la demande des investisseurs pour cette levée de fonds est restée soutenue, entre deux et trois fois l'offre.

Berlin a pour sa part placé 2,54 milliards d'euros de titres à un an, à un taux proche de zéro.

Les investisseurs sont toutefois restés prudents, inquiets de l'issue des discussions sur la restructuration de la dette grecque.

Les ministres des Finances de la zone euro, réunis à Bruxelles, espéraient déboucher sur un accord, mais le bras de fer se poursuit entre créanciers privés et publics du pays sur les taux d'intérêt qui seront offerts aux banques pour les nouvelles obligations.

La situation "peut passer du meilleur au pire très rapidement d'autant plus qu'un défaut désordonné reste possible" si, faute d'accord, le pays ne parvient pas à rembourser 14,4 milliards d'obligations arrivant à échéance le 20 mars, ont souligné les analystes de Saxo Banque.

Certains responsables européens se sont voulus rassurants.

Un accord "semble se dessiner", a notamment déclaré le ministre français de l'Economie, François Baroin, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble à Paris.

Mais le Fonds monétaire international a demandé une réponse plus vigoureuse pour éviter une contagion qui "risque d'engloutir le monde entier".

Sa directrice, Christine Lagarde, a notamment préconisé d'augmenter la taille du futur fonds de secours permanent de la zone euro, le MES.

En 2011, les marchés actions n’ont pas résisté à l’aggravation de la crise des dettes souveraines à partir de l’été. Peut-on envisager un rebond en 2012 ?

Aucune statistique macroéconomique américaine n'est venue rythmer la séance.

Du côté des valeurs, le secteur bancaire a terminé en forte hausse malgré le démenti allemand aux informations du Financial Times selon lequel Paris et Berlin veulent assouplir les règles de Bâle III. Société Générale a bondi de 8,55% à 22,80 euros, Crédit Agricole de 5,08% à 5,21 euros et BNP Paribas a pris 2,05% à 36,05 euros.

Total (+0,38% à 40 euros) a peu profité de la hausse des prix du baril de pétrole, portés par l'adoption d'un embargo de l'Union européenne contre l'or noir iranien, destiné à assécher le financement du programme nucléaire de Téhéran.

Les valeurs cycliques ont été également bien orientées, profitant du regain d'appétit des investisseurs pour le risque. Alstom s'est octroyé 5,07% à 29,64 euros, Lafarge 2,23% 31,38 euros et Saint-Gobain 2,04% à 34,58 euros.

ArcelorMittal s'est apprécié de 1,60% à 16,50 euros et sa filiale Aperam s'est envolé de 18,35% à 14,99 euros après la confirmation par l'allemand ThyssenKrupp de la tenue de discussions en vue de fusionner son activité d'acier inoxydable avec le finlandais Outokumpu.

Solvay a pris 2,84% à 77,60 euros, au premier jour de sa double cotation à Paris et Bruxelles. Le chimiste belge, qui a absorbé le français Rhodia, résiste bien, pour les deux tiers de ses activités, à la conjoncture actuelle, selon le vice-président de son comité exécutif Jean-Pierre Clamadieu.

Technicolor (+16,03% à 1,81 euros) a été encore porté par le fait que la justice ait choisi la société comme repreneur de trois filiales du numéro un de la filière technique du cinéma français, Quinta Industries.


L'enjeu pour Athènes et l'ensemble de la planète financière est de taille, car sans accord, le pays ne pourra pas rembourser 14,4 milliards d'obligations arrivant à échéance le 20 mars, ce qui constituerait un défaut de paiement désordonné du pays.

Du côté des valeurs, le groupe américain de services pétroliers Halliburton (-3,48% à 34,94 dollars) a publié des résultats inférieurs aux attentes pour 2011, ses bons résultats en Amérique du Nord étant en partie affectés par l'instabilité dans le monde arabe.

La démission des deux fondateurs et co-PDG du fabricant canadien de téléphones portables Research in Motion (RIM), Jim Balsillie et Mike Lazaridis, remplacés au poste de directeur général par un homme du sérail, Thorsten Heins, n'a pas convaincu. Le titre perdait 6,35% à 15,92 dollars.

Le troisième groupe pétrolier américain, ConocoPhillips, lâchait 1,05% à 70,45 dollars malgré l'annonce de l'augmentation de ses réserves pétrolières l'an dernier à un taux de renouvellement net de 112%.

Le groupe énergétique Chesapeake Energy Corp., était en forte hausse, à 4,15% et 21,83 dollars après avoir annoncé la réduction de ses activités de forage gazier cette année, ce qui devrait augmenter sa rentabilité alors que les prix du gaz ont atteint leur plus bas niveau en 10 ans.

Le géant américain des microprocesseurs Intel était en hausse de 1,67% à 26,82 dollars après avoir dévoilé son projet d'achat de l'activité InfiniBand à l'équipementier télécoms QLogic, une opération chiffrée par ce dernier à 125 millions de dollars.

Le croisiériste américain Carnival était en léger recul de 0,32% à 31,46 dollars après l'annonce par un avocat américain lundi de son intention de lancer mercredi à Miami (Floride, sud-est des Etats-Unis) des poursuites en nom collectif au bénéfice des passagers du paquebot Concordia, accidenté le 13 janvier au large d'une île italienne.

Le marché obligataire était en recul. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans montait à 2,071% contre 2,028% vendredi soir, et celui à 30 ans à 3,148% contre 3,101%.

La LFP devait trouver preneur ce lundi pour les six dernières rencontres de Ligue 1 en paiement à la séance. Entre Canal + et Al-Jazira, les deux rivaux, les seconds ont presque emporté la mise. En effet, comme l'indique un communiqué officiel de la LFP, «le groupe Canal+ et le groupe Al-Jazira ont été reçus ce jour par la Comité de Pilotage de la LFP. Après dépôt de leur offre, chaque candidat a présenté celle-ci dans le détail devant le Comité de Pilotage. Après délibération, ce dernier a décidé d'entrer en négociations exclusives avec le groupe Al-Jazira afin de finaliser un accord définitif au plus tard le 31 janvier 2012.» Un double revers pour la chaîne cryptée, puisque dans le même temps, la Coupe de la Ligue a été attribuée, pour les quatre prochaines saisons, à France Télévisions. Canal + s'était positionné sur ce lot pour augmenter son offre football après la perte de la plupart des matches de Ligue des champions.


La complaisance n’est pas de mise mais les espoirs sont permis. La prime de risque atteint désormais des niveaux historiquement élevés. Les marchés actions sont l’otage de la macroéconomie et payent l’aversion au risque extrême des investisseurs. Car les profits des entreprises sont très bien orientés depuis trois ans et le consensus attend une hausse des bénéfices de 7% en 2012. Mais cela n’a pas empêché la contraction des multiples de valorisation. Les réponses politiques apportées à la crise vont donc rester la clé de l’évolution des indices boursiers. Par conséquent, le marché risque d’être de nouveau extrême et binaire.

Après les accords de Bruxelles, la zone euro est-elle sauvée selon vous ?

F.B : Ce processus de désendettement est long et périlleux mais la feuille de route est tracée. Les pays européens sont condamnés à se réformer et à organiser une meilleure solidarité fiscale. Certes, la BCE n’a pas obtenu de mandat d’acheteur en dernier ressort mais elle a déjà fait beaucoup. Il n’a pas été assez souligné qu’elle a récemment décidé d’apporter aux banques des liquidités à volume illimité et à taux fixe pour une durée de trois ans ! En 2012, la mise en place des réformes structurelles des économies européennes sera scrutée à la loupe. La marge de manoeuvre entre rigueur budgétaire et soutien à la croissance est étroite.

A court terme, quel est votre scénario ?

F.B : La clé de l’appréciation des marchés réside dans la contraction de la prime de risque. A court terme, les indicateurs avancés se stabilisent à un niveau d’activité médiocre et les indicateurs de surprise économique se retournent à la hausse aux Etats-Unis. La désaffection actuelle des marchés actions contraste avec la bonne situation financière des entreprises. Les marchés actions sont aujourd’hui largement délaissés par les investisseurs. Pourtant, le contexte de liquidités abondantes et de taux d’intérêt très bas devraient contribuer à maintenir des taux d’intérêts réels (en prenant compte de l’inflation) négatifs. C’est un élément favorable aux marchés actions. D’autant que les valorisations actuelles intègrent une croissance nulle des bénéfices pour les prochaines années.

Quels types de valeurs privilégier ?

F.B : Les valeurs de croissance devraient rester en vogue aussi longtemps que la dynamique macroéconomique sera incertaine. Elles offrent le meilleur couple risque-rentabilité. La reprise passe par l’investissement et l’innovation et devrait soutenir les sociétés innovantes et entrepreneuriales. Ces dernières devraient bénéficier d’une expansion de leur multiple de valorisation. Côté sectoriel, il faut privilégier les grandes pétrolières (BP) qui sont sous-valorisées alors que les découvertes de gros gisements s’accélère. Le secteur de la consommation de base (Danone, Nestlé etc.) est également bien positionné dans le contexte actuel (forte génération de cash, croissance organique robuste). A contrario, le marché devrait continuer à se méfier des valeurs domestiques perçues comme des valeurs de rente et qui pourraient être pénalisées par la nouvelle donne fiscale et économique.

Faut-il revenir sur les pays émergents ?

F.B : L’année a été marquée par la sous-performance des pays émergents. Ils se payent à nouveau avec une décote par rapport aux pays développés pour un taux de croissance supérieur et l’inflation est désormais sous contrôle. Un point d’entrée se dessine pour cette zone pour le second trimestre 2012. Attention toutefois au risque monétaire et à l’émergence d’un « shadow banking system » en Chine. Parmi les valeurs émergentes à privilégier, citons Samsung, China Mobile ou le brésilien Petrobras.
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